Quarante années à enseigner et à diriger ensemble, ça forge plus qu’une amitié. Michel Plaignaud et Jean-Marc Touati, les deux emblématiques directeurs du groupe scolaire Henri Barbusse viennent de prendre leur retraite… ensemble !
Depuis combien de temps êtesvous dans l’enseignement à Garges ?
Michel Plaignaud : J’ai débuté à Sarcelles en 1986 et ça ne s’était pas très bien passé. Jean-Marc, que j’avais rencontré à l’Ecole Normale en 1984, m’avait informé que deux postes se libéraient à Garges l’année suivante.
Jean-Marc Touati : J’ai commencé ma carrière à Garges en 1986 à l’école Romain Rolland. Nous nous sommes naturellement retrouvés en septembre 1987 à l’école Henri Barbusse.
Pourquoi être restés tout ce temps à Garges ?
M.P. : J’ai expliqué lors de mon pot de départ que j’ai eu le sentiment d’avoir trouvé une famille dans le quartier Barbusse. Nous sommes identifiés, reconnus et respectés.
J-M.T. : Il y a toujours cet ADN commun avec la Municipalité d’œuvrer dans l’éducatif pour la population. Quand règne ce climat de confiance, il reste peu de raisons d’aller voir ailleurs.
Comment trouvez-vous les enfants gargeois ?
M.P. : On n’a pas besoin de les pousser à apprendre, ils ont envie et pour parvenir à cela il est primordial d’agir de concert avec la famille.
J-M.T. : Quand on se rendait compte qu’un élève était en difficulté ou avait un comportement inapproprié, on pouvait compter sur les parents pour faire valoir l’importance de l’école.
Quelles relations entreteniez-vous avec les services de la Ville ?
J-M.T. : Il nous est arrivé d’avoir des échanges animés avec la Municipalité mais toujours dans l’intérêt des enfants. La grande force de la Mairie, c’est cette continuité dans la politique éducative qu’elle mène depuis plusieurs années. On n’a jamais obtenu de fin de non-recevoir.
M.P. : On se rend bien compte que les écoles sont une priorité pour la Ville. Nous avons été parmi les premières à être entièrement équipées de tableaux numériques, on travaille au quotidien avec les ATSEM, les animateurs et tout se passe bien. C’est réellement un partenaire de choix.
Quel est votre plus beau souvenir de directeur ?
J-M.T. : La fin ! Les dix derniers jours de cette ultime année scolaire ont été très forts émotionnellement. Je n’ai jamais reçu autant d’affection et d’amour. On a adoré ce qu’on a fait durant notre carrière, ça a été un véritable feu d’artifice et là, à la fin, ça a été le bouquet final.
M.P. : Je parle souvent du salaire du cœur ! Là, c’était l’apothéose. Mais régulièrement d’anciens élèves revenaient nous voir, heureux qu’ils étaient de montrer leur réussite.
Qu’êtes-vous parvenu à insuffler dans votre établissement, durant toutes ces années ?
J-M.T. : L’esprit Barbusse ! Qui est reconnu par bon nombre de partenaires. C’est ça dont nous sommes le plus fiers. Barbusse un jour ! Barbusse toujours !
M.P. : L’osmose entre toutes ces générations qui se sont succédé dans l’établissement pendant toutes ces années. Enseignants, personnel municipal, parents, enfants…
Qu’allez-vous faire pendant votre retraite ?
J-M.T. : On ne va plus se lever tous les jours à 6h du matin, sauf pour une raison impérative, aller à la pêche, prendre un avion…
M.P. : Nous n’aurons plus cette charge mentale et nous pourrons partir hors vacances scolaires ! Parce que nous, nous n’avons jamais connu les tarifs en période scolaire !
Un conseil pour les jeunes enseignants ?
M.P. : Il faut être souple des genoux ! Il faut se mettre à hauteur d’enfant. Se mettre à la disposition des gens, même si c’est un enfant de trois ans.
J-M.T. : Ne vous résignez jamais et indignez-vous toujours ! Ne pas se dire que lorsqu’on arrive à Garges, il y a trop de difficultés. Quand on s’indigne, on ne subit pas ! Et puis on ne s’ennuie pas à Garges.
De quoi êtes-vous le plus fiers ?
J-M.T. : On peut être fiers de ce que sont devenus nos petits Gargeois.
M.P. : On a l’esprit gargeois, on est forts et fiers ! Forts de ce que l’on a vécu et Fiers de nos élèves !
L’Ordre des Palmes académiques est l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses distinctions décernées par l’État français. Michel Plaignaud et Jean-Marc Touati y ont été promus… ensemble !