Maîtres de cérémonie lors de l’inauguration du nouvel Hôtel de Ville et gagnants du concours d’éloquence dans leurs catégories respectives, Joudia et Abdul Karim impressionnent par leur maîtrise du discours. À 10 et 12 ans, ils racontent leur apprentissage du débat et leur passion naissante pour l’argumentation.
Pouvez-vous vous présenter ?
Joudia : Je m’appelle Joudia, j’ai 10 ans et j’habite à La Lutèce. J’ai gagné le dernier concours d’éloquence dans la catégorie primaire.
Abdul Karim : Je m’appelle Abdul Karim, j’ai 12 ans et j’habite à La Muette. C’est la deuxième fois que je participe et gagne le concours, l’année dernière en catégorie primaire et cette année en catégorie collège.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer au concours d’éloquence ?
J. : Je ne vais pas mentir, au début c’était surtout les cadeaux…et puis je me suis prise au jeu. Aujourd’hui, j’adore préparer des débats.
A.K. : Je voyais souvent les affiches du concours dans mon école [Antoine de Saint-Exupéry]. Je connaissais quelqu’un qui l’avait fait et ça m’a donné envie de m’inscrire.
Qu’est-ce que vous préférez dans cet exercice ?
J. : Pendant les phases qualificatives du concours, on prépare notre sujet en étant pour ou contre, sans adversaire. Je préfère argumenter face à quelqu’un, comme c’est le cas pendant la finale.
A.K. : J’aime bien la phase de préparation du sujet et d’écriture du discours, j’aime aussi beaucoup qu’on m’écoute.
Pour vous, qu’est-ce qui a été le plus difficile dans la pratique de l’éloquence ?
J. : C’est parfois compliqué de se creuser la tête pour trouver des arguments et contre-arguments sur un sujet.
A.K. : Ce n’était pas facile au début de faire porter ma voix, je n’osais pas parler fort. Mes parents m’ont bien aidé à le travailler à la maison.
Quel est ton meilleur souvenir lié au concours ?
J. : J’ai bien aimé la finale : être devant beaucoup de monde, que tous soient concentrés sur ce que je dis.
A.K. : Lorsqu’on a pris la photo de toute la famille venue me voir à la finale.
Quel était le sujet que tu devais préparer pour la finale du concours d’éloquence ?
J. : « Peut-on être un héros sans cape ni pouvoir ? ». Mon argumentaire reposait sur la différence entre un super-héros et un héros, deux termes à ne pas confondre
A.K. : « Faut-il se battre pour avoir les mêmes chances que les autres ? », j’étais pour. Ce sujet m’a beaucoup inspiré : mon grand-père s’est toujours battu pour que
ses enfants et petit-enfants puissent avoir ce qu’ils voulaient.
Comment te sens-tu lorsque tu es sur scène ?
J. : Je ne me pose pas 1 000 questions, je récite le texte que j’ai préparé. J’étais stressée au début. Maintenant, je ressens presque un manque lorsque ça fait longtemps que je n’ai pas eu de sujet à préparer !
A.K. : Je ne suis pas trop stressé, j’essaie de profiter du moment. J’aime bien parler devant des gens donc j’ai hâte de monter sur scène la plupart du temps.
Est-ce que ce que tu veux faire plus tard aura un lien avec l’éloquence ?
J. : Je pense oui, j’aimerais faire un métier où il faut parler. Je ne savais pas que j’allais être douée pour ça, et finalement j’y ai pris goût.
A.K. : Pas vraiment. J’aime bien les sports comme le foot et l’athlétisme, la médecine aussi donc pourquoi pas kiné. J’aime bien les maths aussi.
Quel est le conseil que tu donnerais aux personnes qui n’osent pas parler en public ?
J. : Je n’étais pas très à l’aise au début, et c’est toutes les astuces et l’accompagnement des préparateurs qui m’ont permis de m’améliorer, pour que je finisse par être complètement à l’aise lors des débats.
A.K. : Le plus dur, c’est de se lancer. Il faut apprendre à avoir confiance en soi aussi, ce qu’on a travaillé avec Manu pendant la préparation du concours. Il nous encourage toujours à faire mieux tout en répétant « Ce n’est pas grave si vous perdez ».