Histoire de la ville

Il n’est pas simple d’écrire l’histoire de Garges, les archives de la Ville ont été en grande partie détruites lors de la Révolution et de la guerre de 1870-1871. Pour autant, certaines sources nous sont parvenues et d’autres conservées notamment par les Archives départementales du Val d’Oise ou les Archives nationales délivrent de précieuses informations.

D’un petit village jusqu’à la veille de la Première guerre mondiale…

Le village se résume pendant des siècles à la rue des Menées, des Espaillards et des Flamands (soient les actuelles rues Marcel Bourgogne, Duvivier et Verdun). Il présente la structure d’un village rue et ce depuis le Moyen-âge. Son implantation le long du Croult n’est pas le fruit du hasard. L’eau est nécessaire pour la vie quotidienne.


Garges, Archives municipales
Archives municipales

Entre 1793 et 1911, la population oscille entre 400 et 680 habitants.


1793

1800

1806

1821

1831

1836

1841

1846

1851

1856

1861

554

593

534

483

549

485

489

437

431

398

416

1866

1872

1876

1881

1886

1891

1896

1901

1906

1911

 

443

360

808

466

540

512

490

639

688

681

…à une petite ville au sortir de la Deuxième guerre mondiale

1921

1926

1931

1936

1946

1211

1805

2621

3330

3536

Au-delà des limites de l’actuel Vieux Pays, se construisent, entre 1900 et 1910, les premières habitations de la Lutèce Longtemps considéré comme un « hameau » de Garges, le quartier se structure dans les années 1920 et 1930 (aménagement des rues, ouverture d’un groupe scolaire, électrification, raccordement au gaz). S’y sont installés des ouvriers et petits employés parisiens, chassés par la crise du logement à Paris ou désireux d’un coin de verdure. Sur les 1805 habitants recensés en 1926, 970 habitants résident à la Lutèce !
Par ailleurs, au cours de ces années, se construit le quartier de l’Argentière.


Garges, Archives municipales
Archives municipales

Garges, Archives municipales
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Durant l’entre-deux guerres, de nouveaux quartiers se sont construits : Carnot et la Croix-Buard.

Un village agricole

Jusqu’à la veille de la Seconde guerre mondiale, le village vit à l’heure rurale. Y sont principalement cultivés aux débuts du XXe siècle des céréales, surtout du blé, et pommes de terre. Sont également récoltés des légumes pour la ville de Paris (pois, haricots, oignons, salades), du cresson, ainsi que quelques fruits (notamment des cerises).


Garges, Archives municipales
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Comme dans la majorité des communes de région parisienne, les cultivateurs ont alors peu d’animaux à l’exception des chevaux indispensables pour la culture. M. Desjardins, instituteur en 1900, s’en étonne, « bien qu’à la campagne, [le lait] y est rare et cher ».
Quelques décennies plus tôt, la vigne était encore cultivée sur de nombreux hectares de la commune dans les quartiers actuels des Doucettes et de l’Argentière.

L’artisanat local

Si les gargeois s’emploient surtout dans les activités agricoles, l’artisanat est tout de même présent. Exercent à côté de commerçants qui font vivre le village (épiciers, boulangers, etc.), des charrons, tonneliers ou bourreliers.


Garges, Archives municipales
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Une économie confortée par deux cours d’eau et des carrières de gypse

Le village est bordé par le Croult et le Petit Rosne, deux cours d’eau qui permettent la diversification des activités économiques. Trois moulins ont ainsi été construits le long du Croult donnant au village une certaine importance. Les céréales sont alors la base de l’alimentation. Les moulins Fossard et des Paillards (ou Le Grand Moulin) ont été vraisemblablement construits au 12e ou 13e siècle. Le moulin des Menées (ou Le Petit Moulin), implanté entre les deux, est plus récent puisqu’il date du 14e ou 15e siècle.


Garges, Archives municipales
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L’eau permet également le développement de la blanchisserie. Une buerie royale (blanchisserie) s’implante même en 1665. Bien que donnant entière satisfaction à la cour et à Louis XIV, cette dernière ne fonctionna que quelques années. Son propriétaire fut ruiné à la suite de nombreux impayés. Pour autant l’activité de blanchisserie perdure et est encore florissante au début du XXe siècle. Certaines sont modestes, tenues par des femmes travaillant seule dans des petits lavoirs, d’autres emploient du personnel. Elles travaillent pour une clientèle locale mais aussi pour Paris. Cinq blanchisseurs exercent en 1899. Cette activité décline à partir de 1920 avant de disparaître totalement.


Garges, Archives municipales
Archives municipales

Deux entreprises à caractère industriel s’implantent brièvement dans le Vieux Pays à la fin du XIXe siècle : la fabrique de produits chimiques Cazeneuve (colles et gélatines puis blanc de céruse) implantée dans l’actuelle impasse Fessou dont l’activité dure 20 ans et la fabrique de confection de toiles et bâches imperméabilisées Yvose-Laurent qui ne fonctionne que pendant 6 années.

Le village possède également un autre atout, ses carrières de gypse. Cette ressource fut exploitée du 14e siècle jusqu’en 1880 environ sur des parcelles situées à proximité de l’actuel Bois de Garges, fournissant du plâtre pour les constructions des maisons du bourg et des villages environnants.

Garges, un avant-poste pour protéger la capitale

Après la défaite lors de la guerre franco-prussienne de 1870, qui a vu Paris subir un long siège, les autorités militaires demandèrent la modernisation du système défensif de la capitale. Le projet d’édification d’une nouvelle ceinture fortifiée est adopté. De 1874 à 1881, 34 batteries et 18 forts sont construits dont un sur le territoire communal dénommé « Fort de Stains ». Ce fort est bâti sur une butte, le point haut de la Ville. Il devait – avec les forts de Montmorency, Ecouen, Sannois et Cormeilles - protéger la plaine au Nord de Paris. Son rôle lors des conflits du XXe siècle est limité du fait de l’amélioration des armes. Lors de leur retraite en 1944, les troupes allemandes font sauter les restes de munition détruisant une bonne partie de l’ouvrage militaire.

Racheté par la Ville en 1967, transformé en parc en de loisirs en 1981, le Fort de Stains est aujourd’hui redécouvert et réinvestit, en témoigne le chantier international regroupant des jeunes des quatre coins du monde organisé en juillet 2016 en partenariat avec l’association Concordia.


Garges, Archives municipales
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Garges, d’un village à une ville moyenne en 20 ans !

Une nouvelle population ouvrière s’installe au milieu du XXe siècle. L’après-guerre est, par ailleurs, marquée par le baby-boom, la reprise économique ainsi que par l’immigration provinciale et étrangère. Dès lors, la question du logement devient prioritaire dans les villes proches de Paris où les terrains à bâtir sont devenus introuvables. Les sociétés immobilières ont donc investi à Garges qui ne manque pas d’atouts. Paris n’est qu’à une quinzaine de kilomètres, une ligne de chemin de fer est située à proximité et le prix des terrains est encore attractif (avec une réserve de terres agricoles encore importante).

Le premier programme de construction d’un grand ensemble (Dame Blanche) est lancé en 1956. Les travaux démarrent en 1958. Dame blanche ouest et Dame blanche nord voient le jour. S’y greffent rapidement, les nouveaux bâtiments des Basses-Bauves, de Barbusse et du (nouveau) Centre-ville.

Deux autres grands ensembles, de taille plus modeste, sont construits à partir du début des années 1970 : la Muette et les Doucettes. La population augmente alors fortement.

1954

1962

1968

1975

1982

2015

4 814

10 483

27 312

37 927

40 182

41 782

En parallèle, au cours des années 1960 et jusqu’au début des années 1970, des centaines d’immigrés, se regroupèrent au sein de deux bidonvilles, les plus peuplés du département en 1970. Le premier se crée aux « Pieds Humides », le deuxième aux Doucettes. Les deux se résorbent au début des années 1970.

Un nouveau « centre »

L’ancien centre-ville du village, devenu le « Vieux pays » s’est, avec ces nouvelles constructions, retrouvé excentré. Le nouveau « centre » de la ville est déplacé vers les grands ensembles. En témoigne, la construction du nouvel hôtel de ville souhaité par la municipalité de l’époque, inauguré en 1975.

De nouvelles infrastructures et de nombreuses associations

Avec l’implantation de grands ensembles, la Ville a dû s’adapter pour répondre aux besoins de milliers de nouveaux habitants : nouvelles voies, écoles, crèches, nouveaux gymnases, etc.

Quelques exemples :

  • La gare de Garges-Sarcelles est ouverte en 1959 puis agrandie en 1966
  • La construction d’un centre commercial dans le centre-ville en 1970 : le centre commercial du rond-point de la Dame Blanche devenu Arc-en-Ciel puis centre commercial de l’hôtel de ville en 2015.
  • Des équipements sportifs tels que la piscine inaugurée en 1972 ou la patinoire en 1974, …
  • Des équipements culturels tels que le cinéma ouvert en 1971, la bibliothèque Elsa Triolet en 1981, la Maison des Arts en 1987 puis l’Espace Lino Ventura en 1996, …
  • Des équipements socio-culturels tels que les centres sociaux Dulcie September (1989), Plein Midi (2003), Jean-Baptiste Corot (2010) ou le Centre de ressources des associations (2000), l’Espace associatif des Doucettes (2011), …
  • Des équipements dédiés à l’enfance et la petite enfance l’Espace

Enfin, depuis une cinquantaine d’années, le tissu associatif est extrêmement riche et dynamique. Il est le fruit d’une volonté d’entraide et d’animation des quartiers. La Ville compte aujourd’hui plus de 400 associations.

Des quartiers à rénover repensés

La crise économique, la montée du chômage vont de pair avec le vieillissement des grands ensembles. On parle de la « crise des banlieues ». Certains de ces quartiers sont désormais considérés comme « sensibles ».
C’est la fin d’un rêve. Les grands ensembles qualifiés de « confortables » et « modernes » (une majorité d’habitants qui s’y installe n’avait ni chauffage central, ni salle de bain), symboles d’un idéal architectural au cours des années 1960 et 1970, ne font plus rêver.

Depuis les années 1980-1990, des travaux de réhabilitation se succèdent, puis, à partir de 2000, des programmes de rénovation, de résidentialisation et d’embellissement sont lancés. En parallèle, de nouveaux équipements publics voient le jour.
Après la rénovation du quartier de la Muette (entre 2005 et 2014), puis celui des Doucettes, une nouvelle tranche de travaux est lancée. En effet, le Nouveau Programme National pour la Rénovation Urbaine (N.P.N.R.U.) lance le chantier de rénovation des quartiers Dame Blanche Ouest, Nord et du Centre-ville. Par ailleurs, le patrimoine vert, atout non négligeable du territoire (coulée verte, parc du Fort de Stains, etc.), est valorisé par le biais de nouveaux projets dont Garges Paysage.

Garges-lès-Gonesse, les origines du nom

L’actuel nom est assez récent puisqu’il ne date que de 1941. Auparavant, la commune était dénommée Garges voire Garges-en-France (nom mentionné dès le XVIe siècle et jusqu’au XVIIIe siècle). D’autres noms se retrouvent dans les écrits du 17e et 18e siècle : Garges lez Saint Denis, Garges pres Saint Denis en France, Garges pres Gonesse. Les origines mêmes du nom de Garges demeurent aujourd’hui encore méconnues.

Et Dagobert dans tout ça ?

La légende et l’histoire se mêlent pour faire du village de Garges une « Villa royale » de Dagobert (629-638 ou 639). Mais ce « bon roi » Dagobert ne résidait pas à Garges ! Par ailleurs, la Cour du roi est itinérante jusqu’au XVIIe siècle.